chute – 8 –

Dehors, bourrasques de vent, de pluie, de feuilles anonymes et désormais orphelines. Arrachées par la force. Plus forte, qu’Elles. Dehors, bruit de pas de l’eau contre le toit, marche à coup de lourdes chaussures de printemps piétiné par le mauvais temps.

Et le plaisir, dans la tête, d’une pensée par la fenêtre, d’un présent que l’on bouscule d’un coup de bourrasque. Les fins stores extérieurs volent à chaque à-coup de force du vent ; crêpes d’une tenue printanière en deuil.

Dehors, par la force des choses, le plaisir d’imaginer que l’on peut frapper d’un revers de main et taper du poing sur la table. Dire, aux autres, dehors, qu’ils continuent à aller dans le mur : regardez la pluie qui tombe.

Dehors, plaisir de les imaginer frapper d’eau sale, d’un coup – la tête mouillée d’incompréhension, le regard clos de l’enfance au fond de la gorge et la bassesse au niveau de la tête soudain réchauffée ; plaisir de les imaginer se dire qu’est-ce que je fais là.

La pluie, elle, tombe comme les certitudes.

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