Festival de cinéma "Bobines et Parchemins"

Amener l’Histoire médiévale dans les salles obscures pour mieux l’éclairer. Voilà le but que s’est fixé l’association Goliard(s) avec la première édition du festival du « film médiéval ». En sélectionnant une demi-douzaine de films autour d’une thématique bien précise (cette année, « la chevalerie »), elle propose aux spectateurs de revoir quelques films qui ont marqué notre imaginaire sur la période dite « médiévale » et d’élargir les interrogations historiques, anthropologiques et culturelles et celles liées aux domaines des représentations tout en conservant un regard sur notre propre contemporanéité. Les  projections seront accompagnées d’une présentation et d’un débat animé par un(e) ou plusieurs spécialistes de la période. Une sélection d’ouvrages sera aussi à la disposition des spectateurs afin de leur permettre d’approfondir les sujets abordés.

Le festival se tiendra à Paris du 24 au 28 octobre 2012, au cinéma Le Desperado dans le 5e arrondissement.

Tarif unique pour chaque séance de 4,50 euros.


Programmation :

L’association Goliard(s)

Créé en 2009, Goliard[s] est une association d’étudiants qui a pour objectif de mettre en contact le monde de la recherche en sciences humaines et le grand public. Il ne s’agit pas de vulgariser les travaux scientifiques, mais au contraire de mettre à la portée de toutes et de tous les réflexions les plus poussées, les découvertes les plus récentes, les hypothèses les plus engagées. Voilà pourquoi elle attache une grande importance à la forme et à la matérialité de ses interventions (utilisation de l’audiovisuel, du patrimoine, des débats et de la discussion). Le nom de l’association résume ce programme en faisant référence au mythe romantique de ces étudiants errants médiévaux qui donnaient, pour vivre, des cours à qui le désirait et contribuaient ainsi à répandre le savoir des universités médiévales.

Organisateurs du Festival : Solal Abélès, William Blanc, Adrien Genoudet, Léa Hermenault, Audrey Quintin, Rurik Sallé et Elisabeth Schmit.

Le Festival est soutenu par : le magazine l’Histoire, l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, la revue Histoire et images médiévales, le Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris, l’association étudiante Iotopia.

Présentation des films

Titre Projection Année Durée Réalisateur/

Scénariste

Acteurs/Actrices
Chevalier Mercredi 24 octobre, 20h 2001 132 minutes Brian Helgeland / Brian Helgeland Heath Ledger, Rufus Sewell / Shannyn Sossamon
Lancelot du lac Jeudi 25 octobre, 20h, suivi d’un débat 1974 85 minutes Robert Bresson / Robert Bresson Luc Simon, Humbert Balsan / Laura Duke
Prince Vaillant Samedi 27 octobre, 16h 1954 100 minutes Henry Hathaway

/ Hal Foster (auteur de BD), Dudley Nichols

Robert Wagner, James Mason / Janet Leigh
La Chair et et le Sang Samedi 27 octobre, 20h, suivi d’un débat 1985 126 minutes Paul Verhoeven

/ Paul Verhoeven,

Gerard Soeteman

Rutger Hauer / Jennifer Jason Leigh
Le métier des armes Dimanche 28 octobre, 18h, suivi d’un débat 2001 105 minutes Ermanno Olmi

/ Ermanno Olmi

Christo Jivkov / Desislava Tenekedjieva

Pour plus d’informations :

adrien.genoudet@gmail.com

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3 réflexions sur “Festival de cinéma "Bobines et Parchemins"

  1. Pingback: Sacha Guitry ou l’Histoire aveugle | Fovéa

  2. Je signale ici l’interview publié par le Magzine l’Histoire de trois membres de l’équipe du Festival. Texte qui permet de mieux comprendre les motivations et les espérances de l’équipe.

    Copie du billet:

    Du 24 au 28 octobre, le premier festival du film médiéval organise projections et débats dans un cinéma du Quartier latin à Paris. William Blanc, Elisabeth Schmit et Adrien Genoudet, membres du collectif d’organisation, nous expliquent la genèse de ce projet.

    Une rencontre en partenariat avec L’Histoire.

    L’Histoire : Quelle est la genèse du Festival « Bobines et parchemins » ? Qui en est à l’origine ? Quel est le concept ?
    William Blanc : Le festival est né d’un constat : un gouffre existe entre l’histoire universitaire et un grand public en proie, aujourd’hui plus que jamais, à de mauvaises vulgarisations. Le meilleur moyen d’en finir avec cet état de fait était pour nous de faire sortir l’histoire en dehors des universités, en l’invitant sur le terrain de l’art populaire par excellence, le cinéma. C’est en effet à travers lui que se forge l’imaginaire historique de la plupart de nos contemporains. Voir des films, puis en parler, c’est donc l’un des meilleurs moyens de populariser l’histoire. Mais attention, cela doit aller dans les deux sens, parce que les historiens n’ont pas le monopole du discours sur le passé. Le comité d’organisation comprend par exemple des doctorants et des masterants en histoire médiévale, mais aussi des gens issus des milieux artistiques (musique, cinéma) intéressés par la démarche. Ils ont su bousculer nos habitudes lorsqu’il le fallait afin que le festival ne reste pas cantonné à un milieu de passionnés de Clio, mais s’adresse au contraire à un public beaucoup plus large. Cela se ressent chez les intervenants (chaque film sera suivi d’un débat) qui viennent d’horizons assez différents, entre université et milieu du cinéma. Une rencontre à la croisée des chemins y compris au plan institutionnel, car nous avons pu bénéficier d’une aide de l’université Paris 1, de Lamop (laboratoire d’histoire médiévale) mais aussi du cinéma le Desperado.

    L’Histoire : Comment s’est opéré le choix de la programmation ? La sélection des films et des intervenants ? La définition du thème ?
    Elisabeth Schmit : Le choix du thème s’est imposé presque comme une évidence. Quand on y pense, la question de la chevalerie est assez fantastique : le thème a largement dépassé les problématiques historiques, il a fait l’objet de représentations multiples. L’idéologie chevaleresque, c’est une thématique quasi-universelle qui en même temps n’a jamais disparu du champ de la recherche : c’est ce qui nous semblait vraiment intéressant pour la première édition d’un festival qui se veut une passerelle entre la recherche et le public, via le cinéma. De là, nous avons cherché à mettre au point la programmation la plus variée possible : dans le temps, dans les espaces, dans les genres aussi, en mêlant certains films grand public à des œuvres moins connues, moins évidentes. Plusieurs nationalités parmi les réalisateurs, plusieurs genres aussi, entre le plus hollywoodien, comme Prince Vaillant jusqu’à des représentations plus indirectes, plus déroutantes comme dans le Lancelot de Bresson… entre la Chair et le Sang, violent et décalé, Chevalier, tout aussi décalé mais carrément humoristique, et enfin Le Métier des Armes d’Olmi, avec son tempo particulier, et la beauté de sa photo, dont il y a tant à dire… Cinq films et autant de regards, d’angles à partager et à analyser, discuter.

    L’Histoire : Quels sont les attentes ? Quel public visez-vous ? Quelles sont, pour vous, les moments forts ?
    Adrien Genoudet : Nos attentes, au même titre que notre première ambition, se tournent vers l’ouverture d’un débat pluridisciplinaire et un partage des savoirs et des émotions. Organiser un festival mêlant la projection de films et la conversation entre des universitaires et un public plus large n’est pas une démarche anodine. Il demeure, en creux, un désir – qui s’apparente, en définitive, à une attente précise – d’arriver à tisser un lien par les films entre l’histoire qui relève du domaine de la recherche et les différents ressentis du public. De ce dialogue, que nous souhaitons être la base de notre possible succès, il s’agirait peut-être de voir apparaître une forme d’ « histoire libre », qui se forme et se transmet par le débat et par la médiation filmique. Parler d’histoire, à partir des films, en confrontant les points de vue, est un enjeu majeur du Festival.
    C’est pourquoi le public visé est le plus large possible. Nous ne voulons pas contraindre l’histoire à un certain public. L’association Goliard[s] et l’équipe du Festival défendent fermement ce souhait de rendre l’histoire « discutable » sans la cloisonner dans une forme de vulgarisation. C’est en touchant un public large, alliant des étudiants, des universitaires de tous horizons, des passionnés d’histoire, des cinéphiles, des curieux, des lycéens, des collégiens et toute personne souhaitant pousser la porte du cinéma, que nous arriverons peut-être à pousser l’histoire hors les murs d’un savoir trop souvent clos sur lui-même.
    Dans cet esprit d’ouverture et de convivialité, nous avons opté pour l’organisation d’une « soirée » en fin de semaine du Festival que nous souhaitons être un point fort des festivités. En effet, forts de notre volonté de développer un événement sur l’histoire médiévale, nous nous sommes amusés à imaginer une soirée réunissant des musiciens, des lecteurs de contes médiévaux (notamment des fabliaux érotiques du XIIe siècle) et d’autres surprises. En redonnant de la voix à ces textes, par exemple, nous renouons avec une tradition médiévale profondément culturelle et dans le même temps – et c’est un point qui nous paraît essentiel pour parler d’histoire aujourd’hui – nous apportons une touche de contemporanéité.

    Propos recueillis par Olivier Thomas

  3. Pingback: Mettre en lumière le Moyen Age, tout un problème | Fovéa

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